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 Bonjour, serais-tu un Iréel ? [Eskä Vowel, Eztia Naradkova, Rodageit Durden.]

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MessageSujet: Bonjour, serais-tu un Iréel ? [Eskä Vowel, Eztia Naradkova, Rodageit Durden.]   Jeu 23 Jan - 19:36

"Je suis désolé Mademoiselle Durden. Mais nous ne pouvons vraiment pas faire autrement."

Suite à cet obséquieux refus de l'autre côté du fil, je soupire doucement et raccroche le combiné, sans même prendre la peine de saluer mon interlocuteur.
Cela faisait bientôt 6 mois que je bataillais et négociais avec le Gouvernement pour obtenir l'autorisation d'effectuer une batterie de test sur des Irréels, pour les besoins de mon étude médico-légale sur les Illuviens.
Eztia Naradkova. C'était le seul Irréel avec lequel j'avais l'autorisation de travailler. Le seul cautionné par l'état.
Ayant suivi les conseils de mes supérieurs, j'étais passée par le biais du Gouvernement pour endormir leur curiosité, et ce, bien contre mon gré. Mais je ne pouvais décemment pas, en mon âme et conscience professionnelle, me restreindre à un seul et même spécimen.  

Poussée par mon désespoir, je quitte ma paillasse pleine d'ustensiles et de fioles, pour me détendre avec un petit café.
Dans le couloir qui mène à la morgue, je m'arrête à une fenêtre pour contempler le paysage. Les gens qui passent dans la rue, le métro, les petites ruelles qui s'entrecroisent. Edernys est pleine d'Ireels. Ils grouillent les rues et tous les jours en apparaissent de nouveaux, fruits du marché noir ou de l’Etat. Et malgré tous ces potentiels cobayes qui s'offrent à mes pieds, je ne devrais m'en contenter se d'un seul, tout cela à cause d'une bande de médiateurs politiques fadasses ?!
Je refuse. Ils ne réalisent pas l'ampleur de la tâche, ni l'extrême nécessité d'avoir plusieurs cobayes. Ils n'ont aucun pouvoir de décision sur mon travail. JE décide.
Je vide ma tasse de café a moitié pleine dans une poubelle et après une légère hésitation, laisse tomber ma tasse dedans. Je sors du bâtiment, sans avoir pris la peine de quitter ma blouse blanche, et tourne à gauche. Puis à droite. Une nouvelle fois à droite. Je continue tout droit.
Je ne sais pas ou je vais. Je me perds. C'est ça que je veux. Je cherche la plus grande rue. La plus fréquentée. C'est là que vont se cacher les irréels. Dans la masse. J’atterris sur le grand boulevard, celui qui donne juste devant la gare. L'endroit idéal. Je m'avance vers la foule sortant de la bâtisse, puis je m'arrête.
Accoster des gens, oui, mais pour leur dire quoi ?

"T'es un irréel ? Tu veux faire des tests avec moi ?"

Personne n'accepterait, c'est sûr. Mon côté tête brûlée avait de nouveau pris le dessus sur ma raison. Je m'arrête. Je réfléchis.
Si je commence ce genre de choses avec des irréels rameutes dans la rue, je risque des ennuis. D'autant plus que le Gouvernement m'avait collé au derrière un de leurs espions, Hans Humbert Von Hinkelsen. J'ai eu le privilège de pourvoir lui adresser la parole quelques semaines auparavant, lorsqu'il me filait dans les galeries commerçantes du quartier Est. Ce brave homme avait eu la bonté de me donner son vrai nom. Du coup, me permets de penser que ce n'est pas un si mauvais garçon, et qu'il y a moyen pour que je passe un petit accord avec lui, et avoir la paix.
J'observe les gens autour de moi. Il a beau être discret, je le remarque vite avec sa belle moustache et ses favoris.
Il n'a pas l'air d'être la.
J'ai donc champ libre pour un petit moment.

"Bonjour, serais-tu un irréel ?"
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MessageSujet: Re: Bonjour, serais-tu un Iréel ? [Eskä Vowel, Eztia Naradkova, Rodageit Durden.]   Jeu 23 Jan - 22:17

(Le tréma sivouplé, on n'oublie pas le TRÉMA sur mon prénom.)




Le soleil se lève et je n'ai toujours pas fermé l'oeil.
Alors oui, je veux bien être un irréel, et avoir des "capacités physiques plus développées et hors des normes humaines", mais bordel, après huit jours à courir les pavés, j'aurais quand même bien besoin d'écraser.

Mais je n'aime pas dormir le jour.

La nuit dernière a été plutôt longue. J'étais en quête d'un trottoir à l'allure confortable (ou même, paroxysme du cosy, d'un journal froissé dont j'aurais pu me servir de couchette) lorsqu'un type à l'allure bizarre m'est tombé dessus. Monseigneur avait apparemment très envie de tremper son boui-boui, et peu lui importait si la marchandise avait l'âge d'être son fils. Malheureusement, je n'étais pas dans mes heures de service, mais cette réponse n'a pas semblé plaire au quadragénaire. Après avoir récolté quelques bleus, j'ai finalement décidé que ce pavé-là, oui celui-là même madame, puisque j'étais déjà étalé dessus, ferait un parfait nid douillet.

Grosse erreur. Ce pavé-là, celui-là même, n'était pas confortable du tout.

Je disais donc que je n'aimais pas dormir le jour. Tant pis : huit, neuf ou douze jours sans dormir, à la longue, je ne vois plus la différence. Je me requinque d'une grande inspiration, un bon gros bol d'air semi-frais. Moui, semi-frais, parce que bon, vu la tête du quartier, je m'avancerais quand même pas trop sur la qualité de l'air.

... Mais d'ailleurs. Je suis où exactement ?

Un panneau devant moi indique "Quartier Ouest". Moui, ça je connais. Mais la rue en particulier, ça, je sèche. Mais je suis d'humeur aventurière ce matin, alors je décide de rapidement réunir mon clic et mon clac, à savoir une boîte de pansements et un journal froissé de secours, et je pars à la conquête de la rue.

Midi. Je n'ai pas tardé à déboucher sur un boulevard bondé. Je déteste ce genre d'avenue : les gens y affluent avec leurs bruits, leurs odeurs, leurs regards. Les plus courageux daignent froisser le nez quand ils comprennent que je suis un petit va-nus-pieds. Ceux-là sont les moins pires. Les gens entrent et sortent, transitent, passent. La rue les mange, les digère et les rejette. Jolie métaphore d'un système digestif des plus dégueulasses. Je déteste vraiment les grandes avenues.
Il ne m'aura pas fallu longtemps avant de comprendre que quelque chose clochait dans ce flux ininterrompu de personnes. Déjà, j'avais capté que pas mal de comme moi traînaient dans le coin. Je ne saurais pas dire comment je les repère, d'ailleurs je ne les repère pas vraiment, je sais juste dire quand il y en a dans les alentours ou pas. Une sorte d'instinct de créature. En tout cas, ici, c'était un vrai nid.
Ensuite, outre la forte concentration d'ersatz dans le coin, j'avais constaté comme un "bouchon", au bout de la rue, là-bas. Alors je m'approche. Déjà, des bribes de conversation, ou plutôt de monologue, arrivent à mes oreilles : "Bonjour ? Seriez-vous un irréel ?... Hm ? Irréel, oui ? Non ?... Et vous madame ?..."
Quand j'arrive au niveau de l'amas de personnes, je constate que tout ce remous n'est causé que par une petite bonne femme, dans les trente ans, qui intercepte les gens à la criée. Elle porte une blouse de médecin. J'en ai des frissons. Dès que quelqu'un a le malheur de passer à sa portée, c'est la même rengaine : vas-y que je t'attrape par le manteau, et "seriez-vous un irréel par le plus grand des hasards ?"
La mégère a vraiment l'air de le vouloir, son irréel. Peut-être qu'elle se sent seule. Mais sa blouse m'intrigue vraiment. Ou plutôt, m'inquiète... Avec ce bout de tissu blanc sur les épaules, elle a l'air des docteurs dont on voit parfois les photos dans les journaux, ceux qui reçoivent des prix pour leurs recherches sur la substance... et sur nous.

D'habitude, je n'aime pas trop me mouiller. Vivre dehors, ça apprend à choisir la prudence plutôt que les frissons dans le dos. Mais cette fois-ci, je choisis les frissons. D'excitation ou de peur, ça par contre, j'en sais rien. Je ne compte pas répondre aux annonces de la petite bonne femme, ça non, je ne suis pas si naïf que ça quand même. Mais je serais curieux de savoir où elle habite.
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MessageSujet: Re: Bonjour, serais-tu un Iréel ? [Eskä Vowel, Eztia Naradkova, Rodageit Durden.]   Jeu 23 Jan - 23:29

Mon cœur battait dans ma joue gauche, qui était passée en l'espace d'une demie-heure d'un beau rouge écarlate à du pourpre plus discret que ne tarderais pas à devenir un magnifique hématome.
Le goût métallisé de mon propre sang se mélangeait à celui hyper sucré d'un thé glacé que j'avais commandé dans un bistrot en face de la gare pour calmer ma douleur.
Devant ma détresse manifeste, le barman avait même eu la bonté de me donner une poche remplie de glaçons, que je pressait allègrement contre ma joue. J'aurais bien dû me douter qu'à force d'apostropher les gens en leur demandant à quelle nature ils appartiennent, je finirais bien par me prendre une bonne claque.
Les Réels se vexent souvent quand on les confonds avec les Irréels, comme animés par une haine viscérale à l'évocation de ce mot. Chose que je n'ai jamais bien comprise d'ailleurs. Certes, ils sont un peu moins friands de mes gâteaux, mais il m'a été donné de rencontrer des Irréels bien mieux élevés que la plupart des humains que j'ai pu côtoyer étant jeune.
L'homme qui m'a frappé par ailleurs, en était le parfait exemple. Ce vulgaire bonhomme, dans son costume vert sapin ridicule, n'a pas hésité une seconde à lever la main sur une femme, et à me traiter de tous les noms d'oiseaux imaginables à travers sa moustache broussailleuse avant de tourner les talons et de s’engouffrer dans la gare, me laissant étalée par terre, sonnée par cette violente altercation.

Je me méfierais à l'avenir des hommes trapus à la démarche curieuse. Ils sont bien plus forts qu'il n'y parait.

A trois tables à ma gauche se trouve l'autre homme moustachu aux favoris. Il lève discrètement sa tasse de café, accompagné d'un petit hochement de tête, comme pour me signifier que tout va bien.
Peut-être pour toi, petit Hansi, mais quitte à me filer toute la journée, j'aimerais que tu le fasses dans des moments vraiment utiles. Où étais-tu quand ce mec m'a filé une droite ? Ici même, à siroter ton énième café de la journée, tout en me regardant me donner en spectacle sur la place de la gare ? N'est-ce pas mon petit Hansi, n'est-ce pas que tu te fiches de moi ?
Il eut un petit rire nerveux, comme pour approuver ma pensée.

Pauvre idiot.

Je baisse et regarde tristement ma demie-tranche de citron flotter à la surface de la boisson ambrée. Après avoir passé une après-midi à me ridiculiser, j'en arrive au même point que ce matin, après le coup de fil. Personne. Pas d'Irréel, mis à part Eztia. Je sors de ma poche l'adresse de la jeune fille, et son numéro de téléphone. J'hésite à appeler pour prendre rendez-vous, puis me rappelle que la fillette est muette. Soit, ce sera donc un texto.
Je lui demande ses disponibilités dans la semaine et lui explique que j'aimerais la rencontrer le plus vite possible aux laboratoires cette semaine pour commencer la série de tests. En signant sobrement par mes initiales. Après avoir appuyé sur la touche 'envoyer', je règle ma consommation et quitte le bistrot.
Hans reste assis. Il partira plus tard et finira par se retrouver en bas de chez moi avant que j'y parvienne.
Je passe d'abord par le laboratoire, où je récupère mon manteau et les clefs de mon appartement, puis pars en direction de mon domicile.
Arrivée en bas de chez moi, je note l'absence du moustachu. Absence des plus surprenantes puisque j'ai eu, sur tout le chemin du retour, l'impression d'être suivie comme à mon habitude.
Soit. Hans est un grand gaillard, il se débrouillera bien tout seul et je suis sûre qu'il ne risque rien.
En ouvrant la porte de mon petit studio, une boule de poil noire vient se jeter à mes pieds, accompagné à chaque foulée par un miaulement de plus en plus perçant et insistant.

"Bonsoir mon petit Tori ! Maman a passé une mauvaise journée aujourd'hui, ne fait pas trop de bruit s'il te plaît."

Le chat se tait, et vient prendre place à me cotés sur mon petit canapé rouge. Un bout de cake au café dans la main, je regarde la neige qui commence à tomber dehors.
J'ouvre la fenêtre et me penche au dehors en espérant voir mon petit espion, grelotant sous les flocons, histoire de prendre ma petite revanche pour tout à l'heure.
Surprise. Hans n'est pas là.
A la place se trouve un petit blondinet, emmitouflé dans une écharpe violette.Il me regarde l'air surpris, comme si il venait de voir un diablotin sortant de sa boîte. Je reconnais alors un gamin que j'avais accosté sur la place de la gare.

"Hé, attends, ne t'en va pas comme ça !"
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Eztia Naradkova Date d'inscription : 01/12/2013 Messages : 161
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MessageSujet: Re: Bonjour, serais-tu un Iréel ? [Eskä Vowel, Eztia Naradkova, Rodageit Durden.]   Ven 24 Jan - 23:11

Les Réels lui ont expliqué des tas et des tas de fois, mais ça ne rentre toujours pas. Enfin, pour être exacte, Eztia ne comprends pas l'intérêt d'un lit. Certes, c'est plus confortable, mais elle ne peut pas enfoncer ses mains dans l'herbe, les pieds contre un tronc. Avec le temps qui se rafraichit, c'est étrange de voir quelqu'un pieds nus dehors.

Et puis faut avouer que gratter la terre gelée, c'est pas très pratique non plus. Pas que ça lui pose problème, ça non ! Quand on est capable de briser un mur de briques à mains nues, ce n'est pas un peu de terre gelée qui est insurmontable. Mais ça déracine l'herbe. Et Eztia adore suffisamment le jardin des Naradkova pour vouloir éviter de le saccager.

Toujours est-il qu'Eztia est, pour une fois, rentrée dans cette espèce de ruine qui tient lieu d'habitation à Ivan. Elle y a trouvé un lit mité et miteux, les draps parsemés de tâches étranges, et s'y est installée, grimaçant que le matelas a couiné et quand l'action a soulevé un nuage de poussière et d'une odeur qui n'avait pas été sans rappeler celle d'Ivan. Ça c'est arrangé quand quelques chats errants se sont installés avec elle. Trois, pour être précise. Et la présence d'autres êtres vivants ne peut que ravir l'Irréelle. Deux d'entre eux sont maigres comme des clous, l'un borgne aux moustaches blanches, l'autre jeune au poil noir terne. L'un est énorme, à la fourrure blanche et soyeuse. Elle pense qu'il appartient à un voisin.

Depuis que Damian lui a expliqué que les non Irréels peuvent avoir des blessures et des membres en moins, et qu'il ne s'agit pas d'un défaut de création, le monde lui semble plus clair. Ses mains s'approchent des chats. Le borgne l'ignore, la fourrure blanche aussi. Seul le noir terne se love contre elle. Les autres restent à ses pieds. Le plus loin possible, mais pour partager la chaleur. Elle sourit. Elle comprend. Et alors elle s'endort.

Deux heures plus tard, une tonalité gênante résonne. Gênante pour les autres, j'entends. Eztia, elle, s'en fiche éperdument. Elle a juste été étonnée quand, avec un sourire espiègle et à fossettes, monsieur Chahine a bidouillé quelque chose sur son portable, lui a envoyé un message pour voir si ça marchait, et une fois son forfait accompli, s'était éloigné en sifflotant, un air profondément satisfait sur la figure. Je peux vous assurer qu'à la réunion, l'autre coup, entendre une femme gémir de manière suggestive a été du plus bel effet.

Eztia a compris par la suite qu'il s'agissait d'une blague. Mais ça rendait monsieur Chahine content. Alors elle n'a pas changé le paramètre. Elle aime ce sourire à fossette et ces yeux qui pétillent. Elle ne les voit que trop rarement.

Bref, pour en revenir à ce qui nous intéresse, un soupir résonne dans les pièces vides et poussiéreuses du manoir Naradkova, et Eztia se relève. Dérange les chats, qui lui lancent des regards hautains et courroucés. C'est Rodageit Durden. Une scientifique qu'elle connaît bien, et pour cause, elle la voit régulièrement pour un « suivi médical ». ça, c'est ce qu'on lui a baratiné. Eztia n'ayant jamais vu de consultation médicale, elle pense tout naturellement que les batteries de tests sont faits à tout le monde.

La scientifique lui demande de la rejoindre le plus tôt possible, dans la semaine. Eztia réfléchit. Elle n'a rien de prévu. Enfin, si, dans deux jours, elle doit rejoindre la base militaire d'Alrun, histoire d'entretenir l'histoire que lui a inventé monsieur Chahine, et pour pouvoir servir le gouvernement. Qui dit servir le gouvernement, qui dit avoir sa paye. Et de sa paye dépend la vie de l'autre vieille chouette répugnante. Alors Eztia n'a pas trop le choix. Quoi qu'il en soit, elle se lève, rapidement. Défroisse ses vêtements en quelques gestes  rapides. Renifle pour tenter de voir si ses vêtements ne sont pas trop sales. Ils ont cette odeur de moisi qui vient des draps. Eztia fait un instant la moue. Elle n'a pas le temps d'aller à la laverie automatique. Rodageit a dit au plus tôt. Alors elle se dénude, jette ses vêtements dans un coin, et prend au hasard dans un placard. Une culotte, un soutien-gorge qui ne soutient rien du tout, et une robe blanche d'été. Ivan avait ça. Propre et bien repassée. C'est le seul habit qu'il lui ait jamais donné. Alors Eztia en prend évidemment soin. Elle passe ses bottines, prend sa veste, et sort.

Tenue un peu légère pour deux degrés et de la neige, mais elle s'en fiche totalement. Elle traverse le jardin, ouvre le portail, prend soin de le fermer comme Ivan le lui a toujours répété, et commence à trottiner à travers les rues de la ville.

Rodageit l'attend. Le plus vite possible. Alors Eztia, une fois le coin de la rue passé, se met à courir.

***

Elle arrive aux laboratoires. Elle connaît le trajet par cœur. Une fois à l'accueil, une femme, qui sait qu'Eztia est une Irréelle, hausse un sourcil délicatement épilé. Eztia lui sourit.

- Mademoiselle Naradkova ? Qu'est ce qui vous amène ? 

Bien qu'elle le sache très bien. Eztia roule mentalement des yeux. Elle sait bien que parfois des choses lui échappent, mais pas au point d'oublier qu'une seule et unique raison l'a toujours amenée ici. Son sourire fond aussitôt et elle lui retourne un regard glacé. La femme rougit un peu. Ambivalence coutumière.

Eztia s'approche et lui montre le message.

- Ah... mais mademoiselle Durden est partie chez elle... 

L'Irréelle fronce les sourcils. Rodageit lui aurait dit de venir, alors qu'elle n'était pas là ? Y aurait-il un problème ? Il doit y avoir un problème.

Eztia, avec force « nkh nkh » et pointement de doigt – elle n'a pas de papier à disposition et son téléphone est toujours ouvert sur ce message, elle ne peut pas aller sur ce site fantastique que des jeunes gens lui ont montré, quelques mois plus tôt, pas plus que l'appareil spécial qu'on lui a promis n'est arrivé – indique qu'elle souhaite avoir l'adresse de Durden. Un peu déconcertée, l'employée pianote sur son clavier et la lui donne.

C'est juste à côté. Parfait.

Eztia récupère son portable, le ferme, sort, et se remet à courir.

Mademoiselle Durden doit avoir des problèmes.

***

Elle court. Elle voit l'immeuble où est censé habiter Rodageit. Elle la voit à la fenêtre. Elle repère un enfant blond, avec une écharpe violette. Rodageit semble crier quelque chose à l'enfant, mais le son se perd. Ou du moins, Eztia n'entend pas. Elle ne ralentit pas sa course, ni son rythme. Après tout, elle n'a pas de souffle, alors elle peut courir autant de temps qu'elle le souhaite. Même si elle a appris à mimer la fatigue pour éviter à ce qu'on la repère trop.

Peut-être que mademoiselle Durden lui a crié de s'en aller. Peut-être pas. Qu'est ce qu'elle en sait ? Eztia entend à peine les bribes de ce que lui renvoie le gamin. Il a quitté son champ de vision, caché par la haie qui borde l'immeuble. Dans quelques secondes, elle tournera à droite, pour pouvoir traverser l'allée en béton qui mène jusqu'à la porte de l'immeuble, s'arrêtera devant, sonnera pour appeler mademoiselle Durden. Et si elle ne répond pas, elle se sent prête à enfoncer la porte en verre.

Sauf qu'Eztia n'enfonce pas la porte en verre. Sur son trajet, un obstacle qu'elle n'a pas calculé. Le blondinet. Elle le pensait plus sur le côté.

Elle le percute violemment, et les deux roulent sur le béton. Pour Eztia, pas un mot, pas un son, comme une poupée qu'on jetterait brutalement au sol et qui se relèverait comme si de rie n'était. Elle se redresse bien vite, un pli soucieux entre ses sourcils. Elle se penche vers le garçon. Penchant la tête sur le côté comme un animal curieux.

Va-t-il bien ? Est-ce qu'elle ne lui a pas fait mal ?
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MessageSujet: Re: Bonjour, serais-tu un Iréel ? [Eskä Vowel, Eztia Naradkova, Rodageit Durden.]   Lun 27 Jan - 13:49

Quand on me provoque, de manière générale, ça marche.
C'est qu'elle a bien fini par m'aborder, la mégère. Genre, pour de vrai. Elle s'est approchée de moi avec son pas délicat de pachyderme, fendant la foule telle Moïse et la Mer Rouge, et posa sa grosse main avide sur ma pauvre épaule sans défense : « Et toi mon petit, t'es un Irréel ? »
Autant dire que je l'ai joliment envoyée bouler, avant de m'enfuir en courant. A ce moment-là, c'était clair dans ma tête : celle-là, j'allais la suivre discrétos, et lui faire la peau pendant son sommeil.

J'arrivai donc au pied d'une grande bâtisse en béton. Un immeuble résidentiel assez charmant, il faut l'avouer. Je restais à l'angle de la rue, observant fixement la porte en verre que venait de franchir la foldingo. Après quelques minutes passées dans le stoïcisme le plus total, je me décidai finalement à m'approcher. J'inspectais la porte : une porte d'entrée d'immeuble tout ce qu'il y a de plus banale. Pas de sécurité. Je pourrais rentrer tout de suite et lui arracher les cheveux un par un si le cœur m'en disait.

Mais j'attendrai la nuit.

Je tourne donc le pas et commence à rebrousser chemin. C'est alors qu'une voix m'interpelle, venant des hauteurs :

"Hé, attends, ne t'en va pas comme ça !"

Supris – et c'est un euphémisme -, je fais vole-face d'un coup. La mégère est là, en haut, sa grosse tête pointant au bord de sa fenêtre au tout dernier étage, et continue à me narguer. Un sourire fourbe s'étire sur la largeur de son visage boursouflé, et sa grosse main qui avait empoigné il y a quelques heures mon épaule chétive tenait maintenant un pauvre morceau de gâteau qui, je le sentais dans mes entrailles, avait abdiqué sous les doigts affamés de la sorcière.
Autant dire que j'ai très peur. Je décide d'appliquer une de mes méthodes de défense les plus usitées – et donc des plus efficaces -, tel le félin sur la défensive, je courbe l'échine, enfonce mes mains dans mes poches, et lui décoche un magistral :

"Ta gueule !"

C'est alors qu'une tornade blonde m'arrache au sol et projette quelques mètres plus loin. Bordel, aujourd'hui est vraiment un mauvais jour. Affalé sur le pavé, j'ouvre un œil prudent : une gamine m'observe.

"Merde à la fin, t'as des yeux, sers-t-en et regarde où tu vas !"

Je me redresse promptement. Ca va, j'ai le cul en compote, mais mon écharpe n'est pas tachée, c'est l'essentiel. Les violences morales et physiques que je viens de subir m'ont finalement mis dans une humeur propice : ni une ni deux, je fonce sur la porte en verre, bien décidé à choper la mégère par le crâne et à lui enfoncer les yeux dans les orbites jusqu'au lobe occipital. Je monte les marches quatre à quatre, arrive au dernier palier, repère la porte d'entrée du studio, décorée d'un petit gâteau en bois peint, disant « bienvenue ! » d'un air niais, elle est à vomir. J'enfonce la porte, rien à foutre, je suis en colère MERDE. La sorcière est devant moi, et d'après son visage éberlué de vieux hibou, elle ne semble rien capter à ce qui vient de se passer.

"Toi ! Reste calme, je vais te faire un petit câlin, ça ne durera pas longtemps !"
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MessageSujet: Re: Bonjour, serais-tu un Iréel ? [Eskä Vowel, Eztia Naradkova, Rodageit Durden.]   Mer 29 Jan - 13:32

Le petit gamin blond de la place de la gare venait de plaquer la porte de mon appartement, l'air furieux et les larmes aux yeux. L'altercation avec Eztia devait l'avoir mis sur les nerfs. Réaction parfaitement compéhensble étant donné la violence de la rencontre. Devant l'air boulversé du jeune garçon, mon instinct maternel, qui, le bien souvent, reste enfoui dans un endroit obscur des méandres de mon inconscient se réveille, et me vient subitement une étrange envie :

"Toi ! Reste calme, je vais te faire un petit câlin, ça ne durera pas longtemps !"

Ni une ni deux, je serre l'enfant contre moi. Ses mains se plaquent alors sur mon dos et commence à me faire des petites gratouilles affectives. Ses petits gémissements, étouffés par ma ma poitrine, traduisent sa vive émotion. Il doit sûrement pleurer. Je le serre un peu plus fort contre moi et lui explique, tout en lui carressant la tête :

"Oh, mon petit, ne t'en fais pas. Je suis sûre que tu n'as rien de grave ! Tu as du te faire un peu mal en tombant mais je vais m'occuper de toi. Je vais d'abord aller voir la jeune fille que tu as percuté tout à l'heure. Tu sais, c'est une amie à moi. Elle est très gentille, ne t'en fais pas. Je vais la chercher. Tu peux rester ici si tu veux. Il y a du gâteau et un petit chat avec qui tu peux jouer. Il est très gentil aussi, tu n'as rien à craindre ici !"

La gamin gémit de plus en plus fort et ses gratouilles se transforment en petites tapes amicales. Je le lâche, et lui adresse un petit signe de la main avant de refermer la porte derrière moi. Je descends les quelques marches qui séparent mon appartement du palier du dessous.
Eztia est là, tremblante, son téléphone portable entre les mains, l'air tout aussi retourné que le jeune garçon. A ma vue, elle laisse échapper un petit soupir d'étonnement, et recule d'un pas, l'air effrayé.

"Et bien Eztia ? Que se passe-t-il ?"

Elle lève son bras et pointe un doigt tout tremblant vers mon visage, et laisse échapper un petit bruit aigu, comme pour me signifier que quelque chose ne va pas avec mon faciès. Par réflexe, je pose les mains sur mes joues, et sent que ma joue gauche a durçi et s'est réchauffée. Soudain, l'incident avec le moustachu trappu à la gare me revient en tête. Effectivement, je dois avoir mauvaise mine à présent !

Mais avant que je n'ai le temps d'ouvrir la bouche pour rassurer la jeune fille, celle-ci fonce vers mon appartement. Je tente de la rattraper, mais avant que je n'ai le temps d'intervenir, Eztia était rentré dans mon appartement et s'était jetée sur le jeune garçon à l'écharpe violette, et avait entreprit de le mordre à peu près partout et très fort.

"Eztia, non, arrêtes ! Le jeune homme n'a rien fait laisse-le tranquille !"
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Eztia Naradkova Date d'inscription : 01/12/2013 Messages : 161
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MessageSujet: Re: Bonjour, serais-tu un Iréel ? [Eskä Vowel, Eztia Naradkova, Rodageit Durden.]   Sam 1 Fév - 0:34

Le monde est bruit et violence.

Elle est inquiète, elle veut s'assurer qu'il va bien, et voilà comment il lui parle ! Elle se redresse, contrariée, prête à lui... à lui quoi, au juste ? L'épater avec sa rhétorique incroyable ? Ouais, à d'autres ! Mais avant qu'elle puisse faire quoi que ce soit, le gamin se relève comme une tornade et fonce vers les portes.

Eztia reste un instant éberluée. Et puis elle le suit. Ça n'augure rien de bon. Elle le sait, elle le sent. Le bruit d'une porte qu'on fracasse et la phrase que gueule le gamin le soulignent assez. Même si elle ne comprend pas cette histoire de câlin. C'est affectueux, non, les câlins ? Bah, peut-être une lubie !

Elle  gravit alors les marches quatre à quatre, prête à défendre Rodageit. C'est son rôle, c'est son but. Ivan l'a créée sans lui avoir donné d'objectif. Alors Eztia en a trouvé un toute seule. En l'occurrence, protéger ses proches. Sa main se serre sur les petites plaques de métal, avec son nom et son matricule, à l'armée. L'armée protège, non ? Alors si ce gamin attaque la scientifique, Eztia sera sans pitié aucune. Un instant, elle hésite à demander de l'aide. Quelqu'un doit bien savoir quoi faire ! Eztia n'est pas très douée avec les Réels et leurs réactions et elle le sait très bien.

C'est pourquoi Rodageit la trouve avec le portable en main, à un étage d'intervalle de l'appartement de la scientifique. Eztia est secrètement soulagée, mais toujours inquiète. Où est passée la furie blonde ?  Et puis son attention se porte plus précisément sur le visage de la scientifique. Et sur sa pommette meurtrie. Elle recule d'un pas. Non pas effrayée comme le pense Rodageit, mais outrée. La colère prend petit à petit possession de la femme-enfant. A la question de la scientifique, Eztia pointe un doigt vers son visage. Tremblant d'émotion, certes, mais peut être pas de celle que Rodageit imagine.

C'est la goutte de trop. Avant que la Réelle puisse répondre, Eztia fonce, gravit la volée de marche qui reste et débarque en furie dans l'appartement de Rodageit. Elle sait bien où est la furie blonde, ce sale gamin ! C'est un enfant, mais elle ne va pas lui montrer la moindre pitié. Car Eztia, avec son ambivalence habituelle, n'en a rien à faire. Peu de temps auparavant, elle l'aurait sans doute défendu corps et âme, envers et contre tout, car justement il était un enfant. Mais le fait qu'elle l'imagine avoir frappé sa scientifique la met hors d'elle, et place Eskä hors de la considération « enfant ».

Elle enfonce la porte déjà sortie de ses gonds. Un temps d'arrêt, où elle toise Eskä, bouche réduite à une ligne pâle et yeux grands ouverts. Pas de pardon. Si du sang avait circulé dans ses veines, Eztia aurait blêmi de fureur. Ses poings se serrent. Elle pointe un doigt tremblant vers l'Irréel à l'écharpe violette.

Toi... ! Toi! Tu vas comprendre ce que signifie le mot douleur !

Mais Eztia étant muette, et surtout parce qu'elle n'a pas ouvert la bouche, on entend plutôt un gargouillement étouffé. Et elle se jette sur Eskä.

Les quelques mois de son existence n'ont pas été employés en vain, et surtout pas à l'armée où certains membres du gouvernement l'ont dissimulée, leur petite Irréelle recensée. Bien qu'elle ne sera jamais sans doute aussi bonne combattante que ces Réels qu'on forme à l'armée depuis leurs treize ans, elle a la force pour elle, et une endurance qu'ils n'auront jamais. Elle est moins rapide. Moins dégourdie. Mais elle a une rage de vivre, de s'imposer. Que lui a peut-être transmise Ivan Naradkova lorsqu'il l'a imaginée.

Si elle rate une première fois Eskä d'un cheveu, son crochet du gauche l'atteint à la pommette. Juste retour des choses. Mais vu la force de l'Irréelle, un os aurait dû se briser. Or... Rien. Sur le coup, Eztia ne s'en rend pas compte. Toute entière à sa colère, elle l'ignore délibérément. Oh, il n'a pas été cassé comme tous les autres ? Tant mieux. Il peut goûter d'autant plus à sa rage.

Les ongles s'y mettent. Les dents aussi. Il ne reste plus qu'un instinct primaire, animal.

Le monde est bruit et violence.

« Eztia, non, arrête ! Le jeune homme n'a rien fait laisse-le tranquille ! »

Les dents refermées sur un avant bras pâle et sans circulation sanguine, les yeux bleus d'Eztia se posent, presque bestiaux, sur Rodageit, comme pour la défier de prononcer une fois de plus l'ordre. Dans la lutte, la chaînette où sont ses plaques de l'armée sont sorties de sous sa robe.

Et puis finalement, l'Irréelle décolle ses dents d'une peau entamée, mais où ne perle pas la moindre goutte de sang. Elle fronce les sourcils. Elle vient de s'en rendre compte. Elle pose sa main sur la poitrine d'Eskä. Pas le battement habituel des Réels. Rien. Un dernier grondement, et Eztia le plaque au sol pour l'empêcher de bouger. Un Irréel, comme elle ! Et pas recensé, elle en est certaine. Elle pointe à plusieurs reprises le visage de Rodageit, puis Eskä. Ils sont différents. Ne le comprend-t-elle pas ?

Le monde est redevenu silence.
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MessageSujet: Re: Bonjour, serais-tu un Iréel ? [Eskä Vowel, Eztia Naradkova, Rodageit Durden.]   Mer 5 Fév - 21:51

Mais. Mais. PUTAIN, ELLE VIENT DE ME PRENDRE DANS SES BRAS.
Ok. Elle, elle tient vraiment à mourir.

Pendant qu'elle tente de m'étouffer avec ses imposants appendices mammaires, j'essaye de me défaire de son étreinte mortelle en la repoussant de toutes mes forces, usant également de mes ongles acérés.

ARGH

Elle redouble d'efforts, c'est qu'elle est coriace ! Cette fois, je lui flanque des coups de poings dans les côtes, ça devrait la calme. Après quelques assauts, elle finit par capituler et court s'abriter dans la cage d'escalier. Je le savais, même la plus démoniaque des mégères en blouse ne peut rien contre mes poings vigoureux ! Mais avant même que j'ai pu profiter de ma victoire écrasante, j'aperçois du coin de l'oeil une tornade blonde, se découpant dans l'encadrement de la porte. Le temps de me retourner, et la gamine d'en bas se jette sur moi comme une furie, griffes et crocs dehors. Elle décoche un coup de poing vers ma joue gauche, hop, évité, je suis trop vif pour elle. Son visage se crispe alors en une moue colérique.

Là, ça pue pour moi.

Bim, un bon taquet sur ma droite. Même pas mal. Un doute passe en un éclair sur son visage, mais s'évanouit rapidement. Ni une ni deux, elle sort les crocs cette fois. Affolé, j'essaye de me débattre et agite les bras dans tous les sens tout en tirant les cheveux de mon assaillante.
La mégère réapparaît alors subitement dans l'encadrement de la porte, et engueule la furie. Ah, merci mamie, pour une fois, toi et moi on s'entend ! Sa morsure se desserre, et elle jette un oeil à la plaie. La même ombre passe sur son visage. Alors, elle pose une main sur ma poitrine.

Cette fois, son expression change pour de bon. Ca y'est elle a compris. Je suis foutu.

Toujours sous le choc, la blondasse ne bouge plus. Je saisis l'occasion pour la saisir par le col et l'envoyer bouler deux mètres plus loin, et me relève rapidement. Je suis fou de rage. Les larmes perlent au bord de mes yeux, j'ai envie de me cacher dans un recoin, ne plus jamais revoir ces deux énergumènes. Qu'est-ce que je fais maintenant ? Je fuis ? Je crie ? Je les tue ? La dernière solution semble la plus confortable. Mais je suis déjà dans le pétrin, je ne vais pas encore aggraver mon cas. Hors de moi, je me décide à hurler.

- Pourquoi vous me faîtes ça ?! Hein ?! Ca vous plaît de m'humilier comme ça ?! Je vous ai fait quoi ?! Tout ça c'est à cause de toi, toi, quand ce matin tu es venue mettre le bordel dans la rue !! Laissez-moi partir, merde !!
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MessageSujet: Re: Bonjour, serais-tu un Iréel ? [Eskä Vowel, Eztia Naradkova, Rodageit Durden.]   Dim 2 Mar - 14:25

- Pourquoi vous me faîtes ça ?! Hein ?! Ça vous plaît de m'humilier comme ça ?! Je vous ai fait quoi ?! Tout ça c'est à cause de toi, toi, quand ce matin tu es venue mettre le bordel dans la rue !! Laissez-moi partir, merde !!

5 secondes. C'était le temps qu'il avait fallu à ce pauvre jeune homme déboussolé pour passer du statut de pauvre victime à un hystérique blond qui gueulait dans mon appartement. Si une chose que choquait plus que sa bifacialité soudaine, c'était le contenu de son discours grossier  et agressif.

Il me reprochait clairement d'être venue l'emmerder, que tout ça était de ma faute et que de toute façon, lui, il avait rien demandé. Si je comprenais bien.

Seulement voilà, j'avais bien compris, à la vue du comportement d'Eztia, que ce jeune homme était un Irréel. Et pourquoi m'aurait-il suivi jusqu'ici si ce n'est pour répondre à mon appel ?
Il avait décidé TOUT SEUL de venir ici. Il avait choisi COMME UN GRAND d'être aussi méchant et impoli. Et qu'est ce que j'y peux, moi, si Eztia s'est trompée à son sujet ?
Il veut me rendre coupable de son malheur, aussi ridicule qu'infondé, alors que je lui avait ouvert grand mes bras et ma porte ?
Il veut vraiment jouer à ce jeu-là, ce petit con ?

Alors que le jeune homme tente vainement de foncer dessus pour m'écarter de son passage, je lui chope au passage une touffe de cheveux, que j'entortille entre mes doigts, et profite de cette prise pour le balancer de toute mes forces sur le canapé.

"Eztia, fermes la porte s'il te plaît !"

J'immobilise ma proie en appuyant mon pied droit contre sa poitrine.

"Ecoutes-moi bien, petit salopard ! Je ne permets pas de te montrer abject dans MA maison, c'est bien clair ?! Je te l'accorde, il y a eu méprise entre toi et Eztia, mais ce n'est pas une raison pour me rendre coupable de tes malheurs, ok ?! Tu es venu tout seul ici, et t'es peut-être encore jeune, mais saches qu'à ton âge on est quand même responsable de ses emmerdes ! Ce qui s'est passé est arrivé parce que TU es venu ici, tu es donc le seul coupable, le seul à qui tu peux t'en prendre, vu ?! Et penses bien que si je suis venue interpeller des gens ce matin à la gare, c'était parce que j'avais besoin d'aide ! Et peut-être que oui, j'ai du troubler ta petite quiétude de petit merdeux l'espace d'une petite minute, mais je ne t'a jamais obligé à quoi que ce soit, donc maintenant tu te calmes, C'EST CLAIR ?!"

Le petit ne m'avais pas lâcher du regard de tout le sermon. Je ne lâchais pas prise, et maintenait mon pied contre sa cage thoracique, vide de tout battement. Il ne semblait pas vouloir se débattre, mais son visage écarlate et les larmes de colère qui perlaient à ses yeux témoignaient de la rage qu'il peinait à endiguer.
Je ne supporte pas de voir qui que ce soit dans cet état, et encore moins un enfant. Mais les choses étant comme eles sont, je ne pouvais pas me permettre de me montrer plus clémente avec lui. Eztia s'approcha doucement de moi, et posa, dans un geste consolateur, sa main sur mon bras.

"Ne t'en fais pas Eztia, je ne vais rien lui faire de mal. Je veux juste qu'il nous présente ses excuses et qu'il se calme, ce jeune homme. D'ailleurs, comment t’appelles-tu ?"

Il accentua son air renfrogné et détourna le regard. Je redonnais un léger coup avec mon pied pour l'inviter à répondre.

"Parles."

"Eskä... Eskä Vowel."

"Bien, Eskä. Donc, si j'ai bien compris, tu es un Iréel, pas vrai ?"

A ces mots, Eskä me jeta un regard noir et se défit soudainement de mon étreinte pédestre en me flanquant par terre. A peine ai-je eu le temps de réaliser ce qu'il se passait que la porte d'entrée claquait derrière lui. Eztia, qui devait estimer que le garçon me serait plus utile qu'une aide pour me relever, se lança à sa poursuite.
Une fois debout, je la rejoignis en bas des escaliers, nos deux manteaux à la main. Elle était au croisement de la rue et regardait désespérément des deux cotés de la voie. Elle avait très vraisemblablement perdu sa trace. Elle me regarda d'un air désolé.

"Ne t'en fais pas Eztia, on va le retrouver. Il a beau être rapide, il ne doit pas être très loin. Reste juste à savoir où il est passé."

"Il est parti à gauche."

Derrière moi, Hans était assis sur un banc, une cigarette à la bouche, toujours à se protéger de la neige avec son parapluie noir.  Il m'adressa un regard, accompagné du même petit mouvement de tête. Je ne lui répondis pas. C'était une sorte de consensus entre nous ; nos échanges ne durait jamais plus d'une seule phrase quand nous n'étions pas seuls.
Je répondis par un léger mouvement de main, et parti dans la direction indiquée en prenant Eztia par la main.
A vrai dire, je ne savais pas vraiment pourquoi je recherchais ce garçon. Ce n'étais pas tellement que c'était le seul irréel pouvant étendre mes recherches à plus d'un sujet, mais c'était plus parce qu'un instinct maternel étrange se réveillait en moi à la vue d'Eskä. Il avait besoin d'aide, et ça tombait plutôt bien, parce que j'avais envie de l'aider. Vu son caractère réfractaire, c'était sûrement peine perdue de le rechercher, mais j'estimais que ce n'était pas faute d'essayer. Et les tests que j'avais prévu avec Eztia cet après-midi pouvait bien attendre.

Nous étions déjà arrivées au boulevard le plus proche lorsque la jeune femme m'arrêta brusquement.

"Eztia ? qu'est ce qu'il se passe ?"
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Eztia Naradkova Date d'inscription : 01/12/2013 Messages : 161
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MessageSujet: Re: Bonjour, serais-tu un Iréel ? [Eskä Vowel, Eztia Naradkova, Rodageit Durden.]   Ven 7 Mar - 21:21

Une chose est certaine.

Cet Irréel sait se servir de ses cordes vocales.

Ou du moins le fait-il à la place d'Eztia. Interdite quant à son discours, qu'elle ne comprend pas totalement, elle s'est relevée lentement, hésitant sur la conduite à tenir. Mais Rodageit semble prendre les choses en main. Et on lui a toujours appris à faire confiance au jugement des Réels. Alors elle attend, ombre silencieuse et diaphane.

Et garde un flegme qui ravirait tout majordome anglais quand la scientifique balance l'Irréel à l'écharpe sur le canapé. Rodageit gère effectivement. Conditionnée à obéir, Eztia ferme la porte à l'injonction de la Réelle.

« Ecoutes-moi bien, petit salopard ! Je ne permets pas de te montrer abject dans MA maison, c'est bien clair ?! Je te l'accorde, il y a eu méprise entre toi et Eztia, mais ce n'est pas une raison pour me rendre coupable de tes malheurs, ok ?! Tu es venu tout seul ici, et t'es peut-être encore jeune, mais saches qu'à ton âge on est quand même responsable de ses emmerdes ! Ce qui s'est passé est arrivé parce que TU es venu ici, tu es donc le seul coupable, le seul à qui tu peux t'en prendre, vu ?! Et penses bien que si je suis venue interpeller des gens ce matin à la gare, c'était parce que j'avais besoin d'aide ! Et peut-être que oui, j'ai du troubler ta petite quiétude de petit merdeux l'espace d'une petite minute, mais je ne t'ai jamais obligé à quoi que ce soit, donc maintenant tu te calmes, C'EST CLAIR ?! »

Oh. La gare ? Alors ils se sont rencontrés à la gare, et le blondinet l'a suivie. Eztia remet lentement les pièces du puzzle en place. Et observe. Elle a l'air sacrément en rage, Rodageit. Tout comme le gamin. Un instant, elle a peur que tout dérape. Les Réels sont sacrément inconstants dans leurs sentiments !

Oui, à vous aussi, ça vous paraît bizarre, Eztia qui se fait cette réflexion ?

Quoi qu'il en soit, elle s'approche, et pose gentiment sa main sur le bras de Rodageit. Il faut qu'elle se calme. L'énervement n'apporte que des problèmes.

« Ne t'en fais pas Eztia, je ne vais rien lui faire de mal. Je veux juste qu'il nous présente ses excuses et qu'il se calme, ce jeune homme. D'ailleurs, comment t’appelles-tu ? »

Eztia hausse un sourcil. Ce n'est pas pour son compatriote qu'elle s'inquiète. D'ailleurs, elle est sûre qu'il n'est même pas recensé ! Il ferait bien de revenir dans les bras protecteurs du gouvernement. Ça doit être pour ça qu'il est si mal éduqué. Elle le signalera le plus tôt possible. Elle ne sait même pas que l'action va apporter des ennuis à Rodageit, mais Eztia obéit aux indications qu'on lui donne. Elle n'a pas d'autre option.

Elle apprend le nom de l'Irréel. Eskä Vowel. Joli. Elle retient. C'est le genre d'information utile. Mais Eskä surprend tout le monde en se libérant de l'emprise de Rodageit et fonce vers la porte. Eztia a un petit temps d'arrêt, peut-être hésitant sur la conduite à tenir : rester pour voir si Rodageit s'est fait mal et a besoin d'aide, ou rattraper Eskä ? L'Irréelle choisit la deuxième option. Eztia doit savoir par où il va partir, afin de le suivre et de le faire recenser, et Durden semble avoir besoin de lui pour... pour quoi, au juste ?

Pas le temps de réfléchir. Eztia fonce. Mais le blondinet est rapide et a pris trop d'avance. Une fois en bas des escaliers, nulle trace de cheveux blonds ou d'une écharpe violette, juste d'un barbu avec un parapluie noir. L'Irréelle soupire. Tant pis. Elle se contentera de donner son signalement à ses tuteurs. Rodageit arrive à ce moment là et lui fait :

« Ne t'en fais pas Eztia, on va le retrouver. Il a beau être rapide, il ne doit pas être très loin. Reste juste à savoir où il est passé.
-  Il est parti à gauche. »

Le barbichu prend la parole. Eztia le fixe avec un regard vide. Qui c'est, celui là, encore ? La scientifique semble le connaître. Elle fronce les sourcils. Un sujet à mettre entre parenthèses, mais elle attirera l'attention d'Araslane sur ce sujet. Il y a des choses qu'elle ignore, et elle n'aime pas ignorer certains paramètres. Pas quand un Irréel non recensé se balade impunément dans la nature.

Eztia se laisse entraîner par la main. Avec un rythme relativement lent. Mais elle suppose que les scientifiques ne sont pas imaginés pour être athlétiques. Sa prise sur la main de Rodageit se raffermit et elle accélère l'allure, entraînant Durden à sa suite. Tant pis si la scientifique peine à suivre. Elles sont sur une piste, et ni l'une ni l'autre ne veulent perdre Eskä.

Les yeux bleus repèrent ce qu'ils voulaient voir et un sourire relève les commissures de l'Irréelle d'un demi-milimètre. Ce qui, dans le cas présent et selon l'état d'esprit actuel d'Eztia, qu'elle venait de faire l'équivalent d'un sourire carnassier.

Trouvééé...

« Eztia ? qu'est ce qu'il se passe ? »

L'Irréelle pointe du doigt Eskä et son écharpe violette si aisément reconnaissable, dans une ruelle, entouré de clochards et de chiens. Et, au vu de leur sourire et de leur attitude menaçante, ce n'est pas pour lui proposer des sucreries ou de jouer avec eux. Elle croit entendre les mots « Nis » et « Aboule », mais elle n'en est pas sûre.

Rodageit fait un pas en avant, sans doute pour aider Eskä. Mais Eztia la retient, d'une poigne de  fer. Qu'il se démerde un peu tout seul, ce sale mioche. Ça lui apprendra qu'il faut toujours être sous la protection de ce cher et juste gouvernement.

Ce n'est qu'après quelques instants qu'elle interviendra.

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Bonjour, serais-tu un Iréel ? [Eskä Vowel, Eztia Naradkova, Rodageit Durden.]

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